Histoire d’une robe de communiante, chapitre 4…

Vous avez sélectionné votre modèle…

Commandé votre (vos) patron(s)…

Acheté vos tissus et petites fournitures…

Entrons maintenant dans le vif du sujet, la partie technique, celle que  je vais avoir le moins de plaisir à rédiger et – tiens, comme c’est bizarre ! – celle qui va vous paraître la plus fastidieuse, la moins ludique…

Et pourtant… Cette étape est indispensable car c’est bien d’elle que dépend en grande partie la réussite de votre projet. Je vais tâcher d’aller vite tout en étant efficace.

L’indispensable patron

Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas partisane de travailler sans patron. Le patron, c’est la structure de votre modèle. Il a été dessiné par un(e) professionnel(le) qui a fait des années d’études et qui possède des notions indispensables de géométrie dans l’espace. Ce qui fait bien souvent défaut aux plus émérites des couturières, étant entendu que le doigté et le talent n’ont rien à voir avec les mathématiques !

Ici, je vais m’autoriser une petite digression pour étayer mon point de vue : lorsque j’ai commencé à apprendre la couture, j’ai suivi des cours de modélisme avec un(e) professeur(e) qui venait de la haute couture. Elle s’appelait Catherine et ne jurait que par la coupe à plat (c’est à dire le dessin du patron sur une feuille blanche avec crayon papier, règle, équerre et… gomme ! Accrochez-vous bien !). Mon deuxième professeur, Anne-Marie, venait du prêt à porter où elle avait travaillé durant vingt-cinq ans comme styliste et directrice de collection. Elle était experte en modelage (c’est à dire la création d’une toile à partir d’un mannequin, avant le transfert du patron sur le papier, soit une étape supplémentaire). Dans les deux cas, ces grandes professionnelles ne savaient travailler qu’avec une base de patron. Dont acte. Fin de la digression.

Prendre les mesures

Avant d’aller plus loin, commencez par prendre les mesures de l’enfant (en sous-vêtement et sans chaussures !) pour déterminer à quelle taille du patron correspondent ses mensurations. Munissez-vous d’un papier, d’un crayon, d’un mètre ruban et notez le tout scrupuleusement.

Je fais appel à votre esprit d’analyse pour repérer les mesures à prendre. Dans à peu près tous les cas, disons qu’il vous faudra a minima :

  • le tour de buste (à cet âge, on ne peut pas encore franchement parler de tour de poitrine mais c’est l’idée)
  • la hauteur de la robe (de la base du cou jusqu’à l’endroit où la robe s’arrête)
  • le tour de taille (à l’endroit le plus étroit)
  • la longueur de bras (de la pointe de l’épaule jusqu’à l’endroit où vous souhaitez que s’arrête la manche, inutile de prendre la longueur jusqu’au poignet si vous voulez des manches courtes !)
  • le tour de hanche (à l’endroit le plus large)
  • A vous de voir si vous avez besoin d’autres mesures, comme par exemple : la hauteur de buste (de la base du cou jusqu’au début de la jupe), la longueur d’épaules (du cou jusqu’à la pointe d’épaule), etc. Evidemment tout cela dépend du modèle que vous souhaitez réaliser !
  • Lorsque vous prenez ces mesures, ne serrez-pas le mètre ruban, il faut que vous puissiez passer l’index entre le mètre et la peau.

Comparer

Ensuite, comparez ces mesures avec celles du patron pour déterminer la taille que vous devez prendre. Là, il va vous falloir faire un peu d’arithmétique, compétence indispensable en couture. Heureusement beaucoup plus accessible que la géométrie dans l’espace (au pire, vous pourrez toujours vous aider d’une calculette) !

Vérifiez d’abord si les marges de couture sont incluses dans le patron et si oui, de combien elles sont.

En largeur

Voici un petit exemple de la façon dont vous devez maintenant vous y prendre pour les mesures qui correspondent à des « tours » (de buste, de taille, de hanche, etc.). Nous allons nous concentrer ici sur le tour de taille, à vous d’adapter mon exemple :

  • Mesurez le patron du devant à l’endroit de taille. Enlevez la valeur de couture (si elle est incluse dans le patron). Multipliez par deux (les patrons étant généralement tracés par moitié de devant ou moitié de dos). Procédez à la même opération pour le dos. Ajoutez ces deux mesures, vous obtiendrez le tour de taille du modèle une fois cousu. Comparez-le avec le tour de taille de l’enfant. La mesure du patron est inférieure, c’est que la taille choisie est trop petite, bien sûr ! Identique, c’est aussi que le patron est trop petit car tout vêtement a besoin d’un peu d’aisance pour être porté confortablement. Si la mesure du patron est légèrement supérieure à celle de l’enfant, c’est que vous avez choisi la bonne taille ! Mais attention, il ne faut pas non plus que cette différence (appelée valeur d’aisance) excède 4 ou 5 cm sinon ce sera trop grand !

Et en hauteur

Maintenant, concentrons-nous sur les mesures qui concernent des hauteurs. Pour cela, c’est bien plus facile. Il vous suffit de mesurer les parties du patron et de comparer avec les mesures de l’enfant. Et n’oubliez pas d’enlever les valeurs de couture ainsi que les valeurs d’ourlet ! Par exemple : la mesure du patron moins les valeurs de coutures du haut et la valeur d’ourlet du bas sera égale à la longueur du vêtement. A vous de voir s’il faut rallonger, raccourcir ou… ne rien changer !

Dans un autre article, d’une autre série, je vous ferai certainement part d’autres astuces pour retravailler les patrons. Mais, pour aujourd’hui, je trouve que c’est déjà bien suffisant à assimiler… A condition que je ne vous ai pas perdu(e)s en route, ce qui n’est pas impossible !

Allez, c’est promis, au prochain chapitre de cette « Histoire d’une robe de communiante », on entrera – enfin, vous dîtes-vous ! – dans le vif du sujet : la réalisation de la toile…

 

 

 

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