L’année des masques 

Bien que l’an dernier, certains se soient amusés à écrire : « 2020 = année 20/20 » dans leurs messages de vœux, on pourrait dire désormais, avec l’éclairage que nous ont conféré les événements, que c’était plutôt tout le contraire 😉 

Dès les premières semaines de janvier, on pensait bien que ce virus allait nous empoisonner l’existence, mais on ne savait pas à quel point ! D’abord appelé coronavirus puis COVID 19 (le ou la, telle est la question, bien que tranchée par l’Académie – pour ma part, je répugne toujours un peu à utiliser le féminin…), ce virus microscopique a rapidement semé la terreur partout dans le monde.

Rassurez-vous, je ne vais pas ici faire de politique ni créer de polémique pour savoir si le gouvernement a bien géré les choses, si notre liberté est en danger ou s’il faut se faire vacciner. J’ai mon opinion bien sûr, comme des dizaines de millions de Français – car aujourd’hui, nous sommes tous devenus plus ou moins épidémiologistes, non ? Pour autant, cette opinion, je la garde pour moi. Ou bien je la réserve à mon cercle d’intimes. Ils en ont de la chance 😉

Ce que je veux vous raconter aujourd’hui, c’est simplement, en quelques mots, l’année que j’ai passée, les aléas subis par mon atelier et comment j’ai survécu à cette crise qui n’est pas terminée…

Confinement

Le mardi 17 mars, L’atelier des cousettes a donc dû fermer ses portes au public en raison du premier confinement, comme l’ensemble des établissements « non essentiels ». Passé les premiers jours qui avaient des airs de vacances (malgré l’angoisse grandissante et autant de chiffres terrifiants), le temps s’est organisé. J’ai commencé par éteindre la radio et la télévision pour ne pas me laisser polluer par les mauvaises nouvelles.

La nature ayant horreur du vide, alors que je pensais pouvoir profiter de ce qui n’était au début que quinze jours de confinement, j’ai rapidement été rattrapée par la réalité. D’abord sur le plan familial : gestion des enfants, des devoirs, des stocks alimentaires, des repas, des lessives, du ménage, etc. Bref, les journées étaient déjà chargées mais ce n’était rien encore… 

Masques

Très vite, j’ai été sollicitée pour fabriquer des masques à mes connaissances, aux infirmières du quartier, aux habitants de ma commune. Chacun s’organisait comme il pouvait pour faire face à la pénurie. Durant quelques semaines, j’ai donc participé au collectif d’entraide de Maisons- Laffitte et Le Mesnil Le Roi, créé pour l’occasion et rassemblant de nombreuses bonnes volontés. Beaucoup d’énergie dans ce groupe parfois un peu désorganisé, mais pour la bonne cause !

Par l’intermédiaire de mes propres réseaux sociaux, j’ai également fourni des masques un peu partout en France, mission dont je me suis bien volontiers acquittée à titre bénévole. J’ai donc expédié environ 250 masques. Comme les gens proposaient spontanément de me payer (si contents de trouver des masques), j’ai créé une cagnotte solidaire sur Leetchi afin de venir en aide aux plus démunis. Grâce à leurs dons, j’ai récolté 530€ que j’ai offerts au CCAS de ma commune.

Fin avril, mon action a pris une nouvelle tournure. Interrogée par une petite commune des Yvelines pour leur fournir 2 X 250 masques en prévision du déconfinement, j’ai bien sûr accepté ! Mon atelier étant à l’arrêt depuis cinq semaines, cette commande a été la bienvenue et je m’y suis consacrée avec enthousiasme. Puis, motivée par l’expérience, j’ai acheté des tissus qui me plaisaient, organisé mon site, créé une rubrique spéciale, réfléchi à un joli packaging et vendu mes masques dans toute la France (et même au delà, Espagne, Luxembourg, Belgique, etc.).

Déconfinement

Le 11 mai, nous avons été autorisés à ressortir. Et les demandes de masques se sont d’autant plus emballées. Il faut dire que j’ai été référencée par la newsletter de Vogue, ce n’est pas rien. J’étais vraiment fière ! D’ailleurs, j’y suis toujours mentionnée, auprès de noms plus que prestigieux comme Louis Vuitton 😉 Pour lire, c’est par ici :

https://www.vogue.fr/mode/article/covid19-ou-acheter-des-jolis-masques-tissu-internet?utm_source=NL_Quotidienne&utm_medium=email&utm_campaign=20201222&cID=d6c8f261cddfe9bfe6479463d5b7b0c55992873ce714792c44b2e893f31e39b5&_ope=eyJndWlkIjoiMWIwOTlhMzhhM2NmNDE1NGJjY2I2MzdiM2IyZDQ3MjIifQ%3D%3D

Les mois de mai et juin ont donc été particulièrement tendus. Je travaillais non-stop, y compris certains weekends et jours fériés pour répondre à la demande. Mais j’étais si heureuse, à ma juste place, animée par l’impression de me rendre vraiment utile. Et mes clients / clientes étaient tellement sympas, toujours de gentils compliments et parfois même des petits cadeaux !!! 

Et puis, les demandes se sont calmées avec les vacances d’été dont j’ai pu moi aussi profiter pour revoir la famille, la montagne et la mer. En septembre, rebelotte. Ce qui m’a particulièrement fait plaisir a été de constater que beaucoup de clients du printemps revenaient vers moi ou me recommandaient à leurs proches, signe qu’ils étaient vraiment contents de mon travail. Et mes amies Sophie de « Selon Sacha » et Marie-Hélène d' »Edarga » (deux très chouettes boutiques situées rue de la Muette à Maisons Laffitte) ont repris elles aussi leurs commandes.

Le 17 septembre, six mois jour pour jour après la fermeture (hasard du calendrier), j’ai pu rouvrir mon atelier. Il faut dire qu’en mai et juin, après un petit sondage par mail, beaucoup de mes clientes avaient encore peur de revenir. Mais là, elles étaient toutes impatientes et enchantées de reprendre. J’ai aussi été surprise de constater le nombre croissant de personnes ayant envie de se mettre à coudre.

Suivant un protocole sanitaire très strict (espacement des tables, port du masque obligatoire, désinfection des mains, obligation d’amener son petit matériel, prêt d’une machine à coudre individuelle, etc.), j’ai pu accueillir beaucoup de nouvelles élèves durant six semaines. Jusqu’à ce que nous soyons reconfinés début novembre… A nouveau, j’ai dû faire face à une demande intensive de masques, notamment pour les enfants, obligés désormais d’en porter à l’école.

Reconfinement

Lors du deuxième déconfinement, apparentée aux loisirs culturels, je n’ai pas eu le droit de rouvrir les portes de mon bel atelier. Les demandes de masques se sont désormais calmées. Et malgré tout le plaisir que j’ai eu à en faire, à choisir mes tissus, à soigner la présentation, j’espère que 2021 nous permettra de ne plus en porter. Car la vie est quand même bien plus agréable sans masque ! En plus, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on entend moins bien. Et surtout, on ne voit plus le sourire des gens ;-(

Pour cette nouvelle année, je forme donc le vœu que le COVID soit enfin maîtrisé et qu’il nous laisse en paix. Que l’on puisse retrouver librement ses proches, les embrasser, les serrer dans nos bras. Retourner au restaurant, au cinéma, aux spectacles. Voyager (car les voyages forment la jeunesse !). Et apprendre à coudre, parce que cette crise nous a montré à quel point savoir se débrouiller, revenir aux fondamentaux était important.

Je vous souhaite une très belle année et j’espère pouvoir vous accueillir à nouveau très bientôt !

BONNE ANNEE