De la toile au premier essayage, le modus operandi…

On a le modèle. On a le patron. On a le tissu.

Vient un moment où l’on ne peut plus surseoir à ses obligations. Un moment où il est grand temps de retenir sa respiration et de se lancer pour réaliser le plus joli des modèles. Bref, de se montrer, enfin ! , à la hauteur.

Je ne sais pas vous mais moi, chaque fois que je commence un ouvrage d’envergure, j’ai un peu de mal à m’y mettre. Je tourne autour du pot. Ou plutôt, de mes fournitures. Je les regarde amoureusement, je les plie, je les déplie, je les replie. J’éprouve la douceur du tissu, le tombé de l’étoffe. Je les mets en scène. Je ressens un mélange d’excitation et d’appréhension. Comme si j’étais sur le point de faire le grand saut.

Il y a quelques semaines pourtant, la date de la communion se rapprochant à grand pas, je me suis décidée à coudre cette robe dont je vous parle un peu trop depuis, disons… un certain temps.

Pour faire suite aux premiers chapitres dans lesquels je vous expliquais tout, tout, tout sur le choix du modèle, du patron, du tissu, je vais maintenant vous expliquer comment vous y prendre pour coudre une robe réussie sans passer par la case déboires !

Avant toute chose, il vous faudra commencer par faire une toile. Une toile !!! Quézaco ??? Là, je ne vous parle pas de cinéma  – même si, parfois, la tentation serait grande de tout plaquer pour aller voir un bon film – mais d’une toile d’essai pour ne pas gâcher ces sublimes fournitures que vous avez mis tellement de temps à trouver.

Certaines personnes de nature impatiente vous diront que l’étape de la toile n’est pas obligatoire. Certes. Cependant, je trouve qu’elle s’impose pour un vêtement un peu exceptionnel, réalisé dans un tissu assez coûteux. Le mieux serait, bien sûr, d’avoir toujours de la toile à patrons chez soi. Vous en trouverez sur internet mais aussi dans de nombreuses merceries de quartier ou bien chez Toto (partout en France) ou encore chez Hamon ou Fil 2000 (pour ceux qui ont la chance de pouvoir se déplacer directement dans le quartier du sentier). Si vous ne connaissez pas ces deux adresses incroyables, c’est promis, je vous en parlerai très bientôt.

Mais revenons à nos moutons. Ou plutôt, à nos toiles. Il en existe de différentes épaisseurs et qualités. Comme vous n’êtes pas styliste de profession, du moins pas encore ;-), vous n’avez pas besoin de les collectionner. Achetez de la toile d’une épaisseur moyenne qui conviendra à peu près à tout ce que vous allez faire. Prenez-en environ 3 mètres et pensez à renouveler votre stock chaque fois que vous l’utiliserez. Si vous n’en avez pas, pas de panique, vous pourrez toujours vous servir d’un vieux drap. L’objectif de cette toile étant de monter le vêtement pour voir si la taille est bonne, de régler le patron et ensuite, hop, à la poubelle. Donc, ne vous prenez pas la tête avec ça, si j’ose dire.

Après avoir pris les mesures de ma petite communiante et comparé avec celles du patron sélectionné, en avant, marche, j’ai coupé et monté mon corsage dans la toile. Ici, je dois préciser pour les âmes légères et peu scrupuleuses du détail : bien qu’étant destinée à finir ses jours au panier, cette toile a pour seule ambition de vous éclairer sur le rendu définitif du modèle. Il faudra donc la couper et la coudre avec soin. Si vous souhaitez vraiment vous octroyer quelques fantaisies, sachez 1/ que la couleur du fil importe peu, 2/ que vous pouvez travailler la toile sur l’endroit comme sur l’envers et 3/ que vous pouvez allonger le point, ce qui vous permettra d’aller plus vite si vous avez besoin de découdre !) Pour le reste, procédez avec la même rigueur que s’il s’agissait du « vrai » tissu.

Une fois montée, faites essayer la toile à la personne à qui elle est destinée et évaluez le résultat. Est-ce parfait du premier coup ? Faut-il rallonger ou raccourcir ? Élargir ou rétrécir ? Suivant les modifications à apporter, décousez la toile et recousez-la aux bonne dimensions. Une fois le résultat recherché obtenu, n’oubliez pas de reporter vos modifications sur le patron !

Si vous pensez (si vous êtes sûr(e), archi-sûr(e) !!!) que certaines parties de votre vêtement n’auront pas besoin d’être modifiées, vous pouvez tout aussi bien les réaliser directement dans le tissu définitif. Pour ma part, comme la jupe était un peu longue à coudre mais qu’elle ne présentait aucun risque d’erreur, je me suis lancée avec entrain :

  • J’ai assemblé les côtés de la jupe en satin de coton puis ceux de la jupe en mousseline (en coutures anglaises, s’il vous plaît !),
  • J’ai superposé les deux jupes et réalisé ma fente au milieu du dos en prenant les deux épaisseurs de tissus ensemble,
  • J’ai froncé séparément la jupe en mousseline et la jupe en satin de coton jusqu’à obtenir pour chacune la même circonférence que celle du bas du corsage,
  • J’ai superposé les deux jupes froncées à la bonne dimension et je les ai bâties ensemble pour obtenir une seule jupe,
  • J’ai assemblé la jupe avec le bas du corsage.

Ensuite, j’ai appelé la maman de ma filleule et nous avons pris rendez-vous pour un premier essayage le mercredi suivant.

J’avais hâte, vous ne pouvez pas imaginer !

Et vous savez quoi ? Comme j’avais tout bien préparé mon travail, il n’y a eu aucune modification à faire, sauf la longueur de la jupe (que j’avais volontairement rallongée de dix bons centimètres car je savais que je n’avais pas droit à l’erreur !). Ça vaut le coup d’être méticuleux, non ?

 

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